Cancer de l'ovaireDescription

Au Canada, une femme sur 70 sera touchée par un cancer de l'ovaire
au cours de sa vie. Au Canada, il y a davantage de cas de décès
chez les femmes par cancer de l'ovaire que par toutes les autres formes de cancer
gynécologique réunies, y compris le cancer du col de l'utérus
ou de l'endomètre. Le cancer de l'ovaire reste difficile à dépister.
Bien que les chances de survie de cinq ans sont d'environ 95 % lorsque
l'on décèle le cancer à un stade précoce, 70 % des
cas sont diagnostiqués à un stade avancé, où les
chances de survie de cinq ans sont situées entre 15 % et 20 %
au mieux. À l'heure actuelle, il n'existe pas de test de dépistage
fiable du cancer de l'ovaire.
Causes

On ne connaît les causes du cancer de l'ovaire. De nombreux facteurs
sont liés à un risque accru de développer un cancer de
l'ovaire, mais le seul facteur de risques,clairement mis en évidence,est
les antécédents familiaux de cancer du sein ou de l'ovaire. Dans
la plupart des familles concernées, l'augmentation des risques vient
de leur prédisposition génétique à ces cancers.
De telles prédispositions génétiques sont plus fréquentes
chez certains groupes ethniques en particulier (les Juifs ashkénases
forment l'un de ces groupes exposés à des risques plus élevés
en raison d'une prédisposition génétique).
D'autres facteurs de risques, tels que l'absence ou le faible nombre de grossesses,
une arrivée précoce des menstruations ou au contraire une arrivée
tardive de la ménopause, n'ont pas encore été bien démontré.
Les traitements contre la stérilité, qui supposent une stimulation
de l'ovulation, sont également susceptibles d'augmenter les risques de
cancer de l'ovaire, mais, une fois encore, ce facteur de risques n'a pas été
bien démontré et reste difficile à établir pour
chaque femme, individuellement.
Symptômes et Complications

Le cancer de l'ovaire atteint souvent un stade avancé avant qu'on
le diagnostique principalement parce que ses symptômes peuvent être
généraux et non spécifiques. Les symptômes pouvant
être associés au cancer de l'ovaire sont les suivants :
- besoin fréquent d'uriner
- ballonnements ou augmentation de la taille de l'abdomen
- douleurs pelviennes (bassin)
- douleurs pendant les rapports sexuels
- fatigue intense
- flatulence
- malaise abdominal
- maux de dos
- perte d'appétit
- perte ou prise de poids
- saignements vaginaux anormaux
- troubles intestinaux (p. ex. : constipation)
Ces symptômes surviennent couramment et peuvent être normaux ou
liés à quantité d'autres maladies, mais s'ils persistent,
parlez-en à votre médecin.
Diagnostic

Il n'existe malheureusement pas de test de dépistage fiable du cancer
de l'ovaire, et environ 70 % des cas de cancer de l'ovaire sont diagnostiqués
à des stades avancés de développement. S'il y a un
risque de cancer de l'ovaire, on peut procéder aux examens suivants :
- examen physique qui comprend un examen rectovaginal (le médecin recherche
d'éventuelles masses dans le pelvis en examinant le vagin et le rectum
de façon simultanée)
- échographie transvaginale/pelvienne/abdominale : on a recours à
cet examen pour créer une « image » des contenus
du pelvis et de l'abdomen au moyen d'ultrasons
- tomographie par ordinateur : cet examen peut s'avérer
utile
- test sanguin Cancer Antigen 125 (CA125) : ce test utilise
un anticorps pour déceler un produit chimique produit en grande quantité
par les cellules d'un ovaire cancéreux. Cependant, ce produit n'est
présent de façon élevée que dans 50 % environ
des cas de cancer de l'ovaire en stade précoce, et il peut également
être présent dans le cas d'autres maladies non cancéreuses,
en particulier chez les femmes en pré-ménopause. Dans les cas
où l'on suspecte un cancer de l'ovaire, le CA125 servira au diagnostic,
en complément de d'autres examens.
Si les résultats de ces examens suggèrent la présence
d'un cancer de l'ovaire, des examens complémentaires seront nécessaires
pour confirmer le diagnostic. Il importe toutefois de garder à l'esprit
que toutes les tumeurs ovariennes ne sont pas cancéreuses, bon nombre
d'entre elles se révélent en effet bénignes (non cancéreuses).
Pour confirmer un diagnostic de cancer de l'ovaire, des échantillons
de tissus cancéreux ou de cellules cancéreuses doivent être
prélevés d'une des façons suivantes :
- en prélevant un échantillon de liquide abdominal s'il y en
a. Ce procédé est généralement simple et réalisé
sous anesthésie locale. Les pathologistes recherchent ensuite la présence
de cellules cancéreuses dans le liquide.
- en procédant à une biopsie de la tumeur. Ce procédé
est plutôt simple et réalisé sous anesthésie locale,
généralement au moyen de la tomographie par ordinateur ou de
léchographie.
- en pratiquant une laparotomie. Il s'agit d'une exploration chirurgicale
de l'abdomen qui aide à confirmer un diagnostic et, au besoin, efface
également toute trace du cancer pour commencer le traitement.
Si un cancer de l'ovaire se confirme, les examens mentionnés ci-dessus
aident aussi à mettre en évidence le stade de développement
du cancer de l'ovaire. Les stades de développement du cancer de l'ovaire
sont les suivants :
- Stade I : limité à un ou aux deux ovaires
- Stade II : propagé à d'autres parties du pelvis
(p. ex. : trompes de Fallope, trompes utérines,
utérus)
- Stade III : propagé à la paroi de l'abdomen ou aux
ganglions lymphatiques de l'abdomen
- Stade IV : propagé aux organes au-delà de l'abdomen
Traitement et Prévention

La prévention du cancer de l'ovaire n'est pas toujours possible.
Le cancer de l'ovaire peut être associé à l'ovulation et
au cycle menstruel. On a mis en évidence le fait que l'utilisation de
la pilule anticonceptionnelle, qui empêche l'ovulation, diminue les risques
de cancer de l'ovaire bien que l'on n'en connaisse pas vraiment la raison. Les
femmes qui courent un risque héréditaire de cancer de l'ovaire
peuvent choisir de subir une ablation chirurgicale (ablation prophylactique)
des ovaires, des trompes de Fallope et de l'utérus, avant que le cancer
ne se déclare. On a également mis en évidence le fait que
la ligature des trompes de Fallope diminue les risques de cancer de l'ovaire
chez les femmes ayant cette prédisposition génétique. Même
si l'ablation prophylactique représente ce que l'on croit être
la meilleure solution pour réduire les risques, il se peut qu'elle n'élimine
pas complètement ces derniers.
Le traitement du cancer de l'ovaire implique généralement une
chirurgie, de la chimiothérapie et, parfois, de la radiothérapie.
Au cours d'une laparotomie, le chirurgien peut procéder à l'ablation
des ovaires, des trompes de Fallope, d'une partie du tissu adipeux (graisseux)
qui recouvre l'abdomen, de l'utérus, du col de l'utérus, des ganglions
lymphatiques et de toutes autres parties de l'organisme où le cancer
s'est propagé. Dans le cas d'un cancer de l'ovaire en stade précoce,
les femmes souhaitant pouvoir encore avoir des enfants ont la possibilité
de choisir l'ablation d'une trompe de Fallope et d'un ovaire seulement. Toutefois,
on informera ces femmes qu'il reste un risque que le cancer se développe
dans l'autre ovaire, la seconde trompe de Fallope ou encore l'utérus.
La chimiothérapie, un traitement médicamenteux contre le cancer,
implique généralement la prise d'une combinaison de médicaments.
Une réponse complète au traitement - on parle de rémission - survient
lorsque les résultats du dépistage du cancer sont négatifs,
que ce soit après examen par un oncologue ou à la suite d'examens
tels que l'échographie ou la tomographie par ordinateur.
Certaines personnes peuvent également choisir la radiothérapie.
Les traitements de biothérapie et d'immunothérapie sont actuellement
à l'étude. On conseille enfin aux femmes atteintes d'un cancer
de l'ovaire de discuter avec leur médecin des études cliniques
réalisées dans ce domaine.