Cancer du poumonDescription

Un plus grand nombre d'hommes et de femmes, généralement âgés de 65 ans à 75 ans, meurent du cancer du poumon que de tout autre cancer. La majorité des cancers du poumon se développe dans les bronches, c'est-à-dire dans les voies aériennes supérieures qui mènent aux poumons.
Il y a différents types de cancer du poumon. Le plus répandu s'appelle carcinome spinocellulaire. Les autres types de cancer du poumon sont le carcinome à petites cellules ou carcinome à cellules en « grains d'avoine », l'adénocarcinome et le carcinome à grandes cellules. Chaque type évolue à un rythme différent et réagit différemment au traitement. La plupart des cancers du poumon sont liés au tabagisme, à l'exception de l'adénocarcinome. Il arrive fréquemment aussi qu'un cancer qui siège dans d'autres parties du corps se propage aux poumons.
Causes

L'usage du tabac est le principal facteur de risque de cancer du poumon,
et il est la cause de plus de 80 % des cancers du poumon. Plus une
personne a fumé pendant longtemps et plus elle a fumé, plus grand
est son risque de cancer du poumon. Si une personne cesse de fumer avant qu'un
cancer se développe, les lésions de tissu pulmonaire causées
par le tabac commenceront à guérir. Le risque de cancer chez un
ex-fumeur ne sera pas aussi faible que chez une personne qui n'a jamais fumé,
mais il diminuera quand même avec le temps. L'usage du cigare et de la
pipe entraîne presque le même degré de risque de cancer du
poumon que l'usage de la cigarette.
Même la fumée secondaire, c'est-à-dire la fumée
qu'une personne inhale en présence d'un fumeur, peut causer le cancer
du poumon. Les non-fumeurs dont le conjoint ou la conjointe fume courent
un risque plus élevé de 30 % d'être atteints d'un cancer
du poumon que le conjoint ou la conjointe d'une personne qui ne fume pas. Récemment,
la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance
contre les accidents du travail (CSPAAT) a accepté la demande d'indemnisation
d'une non-fumeuse qui travaillait dans un milieu enfumé et chez qui on
avait diagnostiqué un cancer du poumon.
Le fait de vivre dans un environnement dont l'air est fortement pollué,
ou le fait d'avoir un emploi qui oblige à manipuler des minéraux
radioactifs ou de l'amiante peut aussi augmenter le risque de cancer du poumon.
La recherche a permis de mieux comprendre comment ces facteurs de risque entraînent
certains changements de l'ADN dans les cellules du poumon. Ces changements induisent
une croissance anormale des cellules et la formation de tumeurs cancéreuses.
L'ADN est le matériel génétique qui contient les instructions
pour toutes les fonctions des cellules, ou presque. Certains gènes (c'est-à-dire
des parties de l'ADN) règlent la croissance et la division des cellules.
Les facteurs de risque que nous avons décrits auparavant peuvent déclencher
des changements (mutations) de ces gènes, ce qui entraîne ensuite
l'apparition d'un cancer. Par ailleurs, le risque d'être atteint de certaines
formes de cancer (cancers du sein, de l'ovaire, cancer colorectal, et plusieurs
autres cancers) peut être héréditaire. Toutefois, les scientifiques
sont d'avis que dans de très nombreux cancers du poumon, les mutations
génétiques héréditaires ne sont pas la cause du
cancer.
Symptômes et Complications

Le premier symptôme, et le plus fréquent, du cancer du poumon
est la toux. Lorsqu'une bronchite chronique est suivie d'un cancer du poumon,
la toux causée par la bronchite s'aggrave. Les cellules cancéreuses
peuvent se développer aux dépens des vaisseaux sanguins, ce qui
se traduit par la présence de sang dans les expectorations (sécrétions
expulsées par la toux). La tumeur cancéreuse peut encore se développer
aux dépens des bronches ou faire pression sur celles-ci, ce qui diminue
leur diamètre et cause une respiration sifflante. La tumeur cancéreuse
peut aussi se développer dans la paroi thoracique et causer une douleur
dans la poitrine. La tumeur peut aussi entraîner une pneumonie, qui s'accompagne
de toux, de fièvre, de douleur thoracique et d'essoufflement. Les personnes
atteintes d'un cancer du poumon au stade avancé n'ont plus d'appétit,
sont affaiblies et perdent du poids.
Le cancer du poumon peut envahir des tissus adjacents aux poumons ou d'autres
tissus éloignés, par exemple le foie, le cerveau et les os, ce
qui cause aussi de la douleur. Lorsque la tumeur cancéreuse envahit
le poumon, la quantité d'oxygène dans le sang diminue, ce qui
entraîne une insuffisance cardiaque. La tumeur peut aussi se développer
dans une veine qui achemine le sang de la partie supérieure du corps
vers le cur, et elle peut obstruer cette veine. Ce trouble est appelé
syndrome de compression de la veine cave supérieure et il est caractérisé
par le reflux de sang dans les veines du visage, du cou et de la partie supérieure
du thorax et par l'enflure de ces veines.
La tumeur cancéreuse peut entraîner l'accumulation de liquide
dans les enveloppes du cur ou des poumons, ce qui rend la respiration
très pénible. Les cellules cancéreuses exercent parfois
une pression sur le poumon et risquent de l'écraser (collapsus);
lorsque la tumeur presse sur la moelle épinière, le malade ressent
de la douleur ou présente un trouble de la fonction des nerfs. Certains
cancers produisent de plus des hormones qui peuvent affecter le métabolisme.
Diagnostic

En général, le médecin soupçonne un cancer
du poumon lorsque la radiographie pulmonaire révèle une ombre
sur un poumon. Pour confirmer le diagnostic, le médecin fait analyser
les expectorations. Le médecin peut aussi confirmer la lésion
au moyen d'un tomodensitogramme de la poitrine et utiliser cette image pour
prélever une biopsie (un échantillon) de la lésion au moyen
d'une longue aiguille insérée dans la cavité thoracique.
Habituellement, les médecins utilisent un appareil pour observer directement
les bronches : le bronchoscope est introduit dans la trachée,
jusque dans les bronches. Cet examen est appelé bronchoscopie. Une biopsie
peut aussi être effectuée pendant la bronchoscopie. Ce procédé
consiste à prélever un échantillon de tissu de la tumeur
pour l'examiner ensuite au microscope. Un chirurgien peut également prélever
un échantillon du tissu au cours d'une intervention chirurgicale, après
avoir pratiqué une incision dans le thorax.
Traitement et Prévention

Selon le stade de la tumeur, le cancer du poumon peut être traité
par la chirurgie, par la radiothérapie et par la chimiothérapie,
chaque stratégie pouvant être utilisée seule ou en association
avec une autre. Le traitement ou la combinaison de traitements, qui convient
le mieux à chaque patient est choisi en fonction du type de cancer du
poumon et du stade de la tumeur, de l'état de santé général
du patient, des effets indésirables des traitements et des chances de
guérir la maladie, de soulager les symptômes ou de prolonger la
vie du patient.
Le traitement chirurgical convient seulement lorsque la tumeur cancéreuse
est de petite taille et circonscrite à un seul poumon, à condition
que l'autre poumon soit suffisamment sain pour assurer la fonction pulmonaire
à lui seul. Lorsque le chirurgien enlève tout le poumon, l'intervention
est appelée pneumonectomie et lorsqu'il enlève une partie seulement
du poumon, on parle de lobectomie. C'est pendant l'intervention chirurgicale
que le médecin décide de l'étendue de l'exérèse
pulmonaire. Même si 10 % à 35 % des tumeurs cancéreuses
du poumon peuvent être éliminées chirurgicalement, le traitement
chirurgical ne guérit pas toujours le cancer. La chirurgie est recommandée
seulement pour les personnes dont l'état de santé est bon et qui
ne présentent aucun signe de métastases. En présence d'un
trouble cardiaque ou d'un autre trouble pulmonaire grave, la chirurgie n'est
pas une option.
La radiothérapie permet de traiter le cancer du poumon qui a envahi
d'autres tissus ou qui siège trop près de la trachée. Chez
les patients qui sont gravement atteints, la radiothérapie a pour but
d'empêcher la croissance de la tumeur plutôt que d'essayer de la
détruire complètement. La radiothérapie peut aider à
maîtriser la douleur osseuse, le syndrome de compression de la veine cave
supérieure et la compression des nerfs dans la moelle épinière,
attribuable à la croissance des cellules cancéreuses.
La chimiothérapie, c'est-à-dire l'administration de médicaments
anticancéreux, est efficace seulement dans le traitement des cancers
du poumon à petites cellules. Lorsque ce cancer est diagnostiqué,
en général, il a déjà envahi d'autres tissus de
l'organisme. La chimiothérapie ou la radiothérapie vise à
empêcher la propagation des cellules cancéreuses ou à les
tuer.
Les meilleures chances de guérison sont observées chez les
personnes dont la tumeur cancéreuse a été détectée,
excisée par chirurgie ou traitée dès les premiers stades.
De 15 % à 30 % des personnes opérées d'un
cancer du poumon survivent pendant cinq ans. Toutefois, si la tumeur a produit
des métastases à l'extérieur de la cage thoracique, le
cancer ne peut en général être guéri.
Une personne qui a été atteinte d'un cancer du poumon doit
subir des examens de suivi réguliers. De 6 % à 12 %
des personnes qui ont été opérées d'un cancer du
poumon présentent une récidive du cancer. Ce pourcentage est encore
plus élevé chez les personnes qui continuent de fumer après
le traitement chirurgical. Il est possible de prévenir le cancer du poumon,
et l'abandon du tabac est la première mesure la plus importante. Il existe
plusieurs moyens efficaces ainsi que des traitements pour cesser de fumer. Voir
notre article à ce sujet.