Blessures sportivesDescription

Chaque année, environ 1 personne sur 25 a besoin d'une aide médicale
pour une blessure « sportive », cependant, toutes ne sont
pas blessées pendant qu'elles font du sport. En effet, toute activité
physique répétitive, dont la marche, est susceptible de blesser
les muscles et les articulations.
En règle générale, les personnes qui pratiquent un sport
sont plus sujettes que les autres gens du même âge aux lésions
des muscles ou des tendons et aux fractures de l'os. Cela ne signifie pas pour
autant que tout sport doit être évité - les avantages pour
la santé l'emportent de loin sur les inconvénients que constituent
les blessures sportives.
Causes

Les blessures sportives sont généralement dues à des
méthodes d'entraînement insuffisantes, des anomalies structurelles,
des faiblesses des muscles, des tendons et des ligaments et à des lieux
peu propices à une activité sécuritaire. La cause la
plus fréquente de blessure est un entraînement inadéquat
- par exemple, ne pas accorder aux muscles assez de temps pour récupérer
après une séance d'exercice (ils ont besoin de 48 heures), augmenter
l'intensité trop rapidement et ne pas s'arrêter lorsque la douleur
s'accroît pendant l'exercice.
L'architecture osseuse de chacun de nous diffère légèrement
de celles des autres, et nous possédons presque tous un ou deux points
faibles où la disposition de l'os et des muscles prédispose aux
blessures. Dans les cas de blessures aux chevilles, aux jambes, aux genoux
et aux hanches, par exemple, voici certaines prédispositions fréquentes :
- l'inégalité de la longueur des jambes
- une pronation excessive (pieds plats)
- des pieds creux (voûte plantaire surélevée)
- jambes arquées et genoux cagneux
Le fait d'avoir des jambes inégales peut gêner le coureur et
augmenter ses risques de blessures, mais beaucoup de personnes dont les jambes
sont égales peuvent souffrir des mêmes blessures en courant sur
une piste inclinée ou le long d'une route bombée au centre. En
effet, au niveau de la hanche, la jambe qui touche le sol du côté
le plus élevé absorbera un plus grand impact que l'autre.
La pronation est le mouvement vers l'intérieur du pied après
que le talon a touché le sol et avant que le poids ne soit transféré
vers l'avant du pied. En roulant vers l'intérieur, le pied répartit
le choc de l'impact avec le sol. S'il roule trop facilement, toutefois, il peut
susciter une inégalité de tension sur les muscles et les ligaments
situés plus haut dans la jambe.
Si une cheville ou un pied trop souple peut provoquer une pronation excessive,
une cheville trop rigide sera à l'origine d'un pied creux. Bien qu'elle
puisse être normale, la voûte plantaire apparaît très
élevée, car le pied ne s'aplatit pas vers l'intérieur lorsqu'il
est soumis à un poids. Un tel pied absorbe insuffisamment les chocs et
accroît le risque de fractures dans le haut des jambes.
À long terme, les jambes arquées ou les genoux cagneux accroissent
la pression absorbée par les genoux et les chevilles et peuvent augmenter
les risques d'entorses.
D'autres affections structurales rendant les blessures sportives plus fréquentes
comprennent :
- l'accroissement de la lordose lombaire - une cambrure de la partie
inférieure de la colonne vertébrale
- l'incurvation du pelvis
- la patella alta - une rotule située plus haut que
d'habitude
- l'angle Q augmenté - une rotule déplacée
sur un côté, comme dans les genoux cagneux
Avoir des muscles très développés et d'autres faibles
peut entraîner des blessures. Si les quadriceps (muscles antérieurs
de la cuisse) sont très développés, cela peut accroître
le risque d'une élongation ou d'une déchirure du muscle ischio-jambier
(muscles postérieurs de la cuisse). Pour de nombreux adeptes de la course
à pied, la rigidité des bandelettes de Maissiat peut causer des
douleurs aux genoux.
Les blessures dues au surmenage proviennent de blessures microscopiques infligées
de façon répétée à une partie du corps. Même
après des années d'expérience, de nombreux coureurs de
fond subissent des blessures dues au surmenage. Ceux qui courent sur la route
le font sur une surface dure et parfois irrégulière, et les mouvements
sont répétitifs. De plus, les montées et les descentes
accroissent la tension exercée sur les tendons et les muscles de la partie
inférieure de la jambe. Toutes les blessures de course sont plus susceptibles
de se produire avec des chaussures ou des espadrilles inadaptées. Les
meilleures chaussures sont celles qui empêchent la cheville de bouger
d'un côté et de l'autre et qui absorbent l'impact.
Les gens qui pratiquent un sport à raquette ont plutôt tendance
à blesser le haut de leur corps. La nécessité de maintenir
fermement la raquette et le choc de l'impact avec la balle peuvent être
à l'origine de diverses blessures des tendons du poignet et du coude,
tels que les épicondylites du joueur de tennis, qui cause une douleur
au coude, qui peut s'étendre aux muscles de l'avant-bras. De plus, le
bras de l'être humain n'est pas réellement conçu pour des
activités trop vigoureuses, et le tennis est l'une des causes majeures
de tendinite des muscles rotateurs (articulation de l'épaule), éventuellement
l'une des blessures sportives les plus compliquées. Continuer de jouer
avec une douleur à l'épaule peut mener à l'effilage ou
au déchirement des tendons et nécessiter une intervention chirurgicale.
Symptômes et Complications

Certaines des blessures sportives les plus fréquentes sont parmi
les suivantes :
La périostite tibiale antéro-latérale - La
périostite tibiale peut avoir plusieurs causes et peut affecter la partie
interne ou externe de l'avant-jambe. Lorsque la partie frontale du tibia est
affectée, la douleur touche la surface du tibia dès que le talon
frappe maladroitement le sol. Dans le cas d'une périostite tibiale postéro-médiane,
la douleur se localise dans la partie interne du tibia et empire lorsque le
sujet se tient sur la pointe des pieds, puis tend à gagner le genou si
le sujet continue de courir. Un test est souvent nécessaire afin de définir
la nature exacte et la cause du problème.
La tendinite d'Achille - le tendon d'Achille est attaché
à l'arrière de la cheville et est le plus susceptible d'être
lésé par les sports nécessitant des sauts et de la course.
Il est alors sensible lorsque vous le pressez entre vos doigts. La douleur est
habituellement maximale le matin et s'améliore avec la marche. Un vigoureux
exercice accroîtra un peu la douleur, puis la soulagera. Cependant, aucun
exercice faisant intervenir un tendon d'Achille lésé ne doit être
pratiqué sans la supervision d'un thérapeute ou d'un médecin
en médecine sportive ou jusqu'à ce que le tendon ait guéri.
L'entorse lombaire - la blessure classique des haltérophiles
peut également apparaître au cours de la pratique de sports qui
nécessitent une rotation rapide du dos, comme le golf et le base-ball.
Une douleur soudaine dans la partie inférieure du dos apparaît
alors lorsque le sujet se tourne ou soulève quelque chose. Elle peut
paraître mineure pendant une ou deux heures, mais continuer l'exercice
entraîne généralement une détérioration rapide,
accompagnée d'une douleur extrême et de spasmes dans le dos.
Les épicondylites latérales et médiales - plus
connues sous le nom d'épicondylites du joueur de tennis par coup droit
et par revers. L'épicondylite par coup droit peut aussi survenir par
l'usage excessif d'un tournevis, cependant le tennis est souvent plus problématique,
car, outre le fait d'empoigner avec force, l'action des chocs répétés
transmis par les tendons du poignet est également importante. L'épicondylite
par revers est également fréquente chez les golfeurs, les joueurs
de base-ball et les personnes qui doivent tirer de lourds bagages. Son symptôme
est la douleur ressentie lors de la flexion du poignet vers le bas (tendons
latéraux) ou vers le haut (tendons médiaux).
La fracture de fatigue métatarsienne - les orteils,
du second au quatrième, sont susceptibles de casser si le sujet s'appuie
dessus pour courir qu'il s'agisse de sprint ou de course de fond. Dans l'armée,
les nouvelles recrues qui participent à un entraînement comportant
des exercices de marche et de course sont aussi susceptibles aux fractures de
fatigue. Parce qu'ils sautent souvent, les danseurs et les gymnastes sont eux
aussi prédisposés à ce genre de blessure. Le haut du pied
commence alors à faire mal durant l'exercice et la douleur s'arrête
généralement à la fin. Puis, la douleur apparaît
de plus en plus tôt et empire régulièrement à chaque
nouvelle séquence d'exercices. Une fracture peut prendre trois mois pour
guérir complètement.
Tout tendon blessé peut subir des déformations durables en
cas de non-cessation de l'exercice avant sa guérison. Le tissu du
tendon normal peut alors être remplacé par un tissu fibreux inflexible
au cours d'un processus appelé dégénérescence musculaire.
Le ligament rattachant le tendon à l'os peut se déchirer, provoquant
un saignement constant et éventuellement une déformation de l'os
à l'endroit de contact avec le tendon. Cela forme un éperon douloureux
à chaque mouvement. Dans le pire des cas, la douleur peut devenir constante
avec ou sans mouvement, et les zones douloureuses peuvent s'affaiblir de façon
permanente.
Il est essentiel de suivre les conseils du médecin au sujet du repos.
Si aucun médecin ne peut être consulté dans l'immédiat,
il faut éviter tout exercice impliquant la zone affectée jusqu'à
ce que la guérison soit certaine.
Diagnostic

La description par le sujet de ce qui s'est passé suffit normalement
à éclairer le médecin ou le spécialiste des blessures
sportives sur la nature de la blessure. Il existe également de nombreux
tests standard pour les blessures sportives, tous basés sur la flexion
de l'articulation ou du tendon concerné. Dans le cas de l'épicondylite,
par exemple, le sujet place son avant-bras sur la table et fléchit le
poignet vers l'avant ou l'arrière tandis que le médecin retient
sa main. Selon la nature de la blessure, on peut aussi pratiquer une radiographie
et d'autres scanographies, mais ces tests ne sont généralement
nécessaires que pour les blessures graves et les fractures.
Traitement et Prévention

Le traitement des blessures sportives est basé sur le principe RGCÉ :
- Repos
- Glace
- Compression
- Élévation
Le repos permet d'éviter toute nouvelle blessure et tout saignement.
La glace soulage la douleur et réduit l'inflammation en resserrant les
vaisseaux sanguins. L'élévation et la compression limitent le
gonflement et l'accumulation de fluide autour de la zone blessée.
La glace doit être écrasée de façon à
bien épouser la forme de la zone blessée. Elle doit être
placée dans un sac enroulé autour de la blessure. Placer une serviette
entre le sac et la peau et maintenir le sac de glace avec un bandage, sans serrer
trop pour ne pas arrêter l'écoulement du sang. La glace ne resserre
les vaisseaux sanguins que pendant environ 10 minutes, après quoi ils
« regonflent ». Pour chaque nouvelle blessure, ne laisser
la glace en place que pendant 10 minutes à la fois, puis l'enlever pendant
la même durée. Alterner ainsi pendant une ou deux heures en gardant
continuellement la blessure en élévation. Cette procédure
doit être suivie plusieurs fois durant le premier jour après une
blessure. Ensuite, on peut appliquer de la glace pour plus longtemps, jusqu'à
30 minutes à la fois afin de réduire l'enflure et de soulager
la douleur davantage. Les sacs de pois ou de maïs congelés fonctionnent
à merveille. Si la blessure se situe au niveau de la jambe ou de la cheville,
ne pas essayer de se lever le premier jour et la maintenir élevée
le plus souvent possible.
S'il existe quelque autre exercice pouvant être pratiqué sans
exercer une tension sur la partie blessée, vous pouvez le pratiquer pour
vous maintenir en forme, mais n'essayez pas de faire usage de la partie blessée
jusqu'à ce que la guérison soit en bonne voie. Vous pourrez
par la suite reprendre des exercices faciles pour remettre votre corps en condition.
À long terme, il peut être bénéfique d'exercer davantage
la partie qui a été blessée afin d'éviter que de
tels événements ne se répètent. Un médecin
ou un physiothérapeute pourra alors recommander des exercices spécifiques
pour renforcer des muscles ou des tendons en particulier.
D'autres traitements font appel à la chirurgie et aux injections
de stéroïdes. La chirurgie est cependant une mesure extrême
pas forcément nécessaire si les blessures sont traitées
correctement. Les injections de stéroïdes peuvent soulager la douleur,
mais aussi retarder la guérison. Elles peuvent être utilisées
sans risque une ou deux fois, mais ne doivent jamais être employées
en traitement curatif ou en premier recours.
Voici deux façons de prévenir les blessures sportives.
L'une consiste à utiliser l'équipement adéquat. Cela peut
signifier des chaussures bien ajustées et adaptées au sport que
vous pratiquez et éventuellement des semelles orthopédiques pour
contrôler tout mouvement excessif du pied. Celles-ci peuvent réduire
la taille des chaussures, vous aurez alors peut-être besoin d'en acheter
de nouvelles. Le port d'un casque, d'un masque et autre équipement de
protection conforme aux normes de fabrication et ajusté adéquatement
peut prévenir de nombreuses blessures sportives graves.
Une bonne technique est essentielle pour éviter les accidents.
Par exemple, les joueurs de tennis doivent éviter les manches de raquettes
trop étroits et essayer de jouer les coups droits et les revers avec
tout le bras et l'épaule plutôt que seulement le poignet. Les cordes
des raquettes ne doivent pas être trop tendues. Les balles mouillées
et lourdes sont plus susceptibles de causer des problèmes, ainsi que
les balles excentrées.
L'autre façon de prévenir une blessure consiste à faire
des échauffements et à relaxer après l'effort au moyen
d'étirements adéquats. Les meilleures données médicales
suggèrent que l'échauffement renforce les muscles et leur résistance
aux blessures. Les étirements améliorent la performance musculaire,
mais pas la résistance aux blessures; ils sont donc particulièrement
efficaces après l'exercice. Ils ne devraient en aucun cas être
faits jusqu'à être douloureux. La relaxation peut aider à
prévenir les vertiges dus à l'engouffrement du sang dans les veines
dilatées des jambes, mais pas à éviter les douleurs musculaires
du lendemain, dues à des lésions des fibres.
Tous les sports fatigants causent des blessures microscopiques aux fibres musculaires.
Certains exercices peuvent cependant aider, car les fibres ont tendance à
se renforcer en guérissant. À condition toutefois qu'elles aient
le temps de guérir. Cela prend 48 heures. Il est donc déconseillé
de faire travailler vigoureusement le même muscle deux jours de suite,
cela l'endommagerait plus rapidement qu'il ne guérit. Si vous tenez à
faire des exercices quotidiennement, il faut faire travailler différents
groupes de muscles en alternant les jours, ou faire des exercices de musculation
un jour et des exercices cardiovasculaires le jour suivant. En suivant ces recommandations,
vous devriez pouvoir vous exercer régulièrement, et ce, sans vous
blesser.