AgoraphobieDescription

L'agoraphobie, qui signifie « peur de la place du marché »
en grec, est un trouble anxieux. Les personnes qui en sont atteintes ressentent
une anxiété intense vis-à-vis de certaines situations d'où
il peut être difficile de s'échapper. Il en résulte un sentiment
de panique. Les agoraphobes craignent ainsi de se retrouver dans les cinémas,
les files d'attente des banques ou des magasins, les autobus ou les métros.
Ils finissent souvent par éviter ces situations ou se font accompagner
par quelqu'un avec qui ils se sentent « en sécurité ».
Dans les cas extrêmes, les agoraphobes peuvent se confiner à la
maison, terrifiés à l'idée d'aller dans des lieux publics.
L'agoraphobie touche 3,8 % des femmes et 1,8 % des hommes dans une
période de 6 mois.
Causes

Dans beaucoup de cas, l'agoraphobie se développe chez une personne
après une attaque de panique (trouble panique). Celle-ci est caractérisée
par une terreur intense et accablante, accompagnée de symptômes
tels que transpiration, étourdissements, palpitations et essoufflement.
Bien que les attaques de panique surviennent de façon imprévisible,
la personne apprend à éviter la situation qui semblait avoir déclenché
l'épisode, par peur de subir une autre attaque. Dans d'autres cas, les
personnes atteintes peuvent simplement se sentir mal à l'aise dans des
situations agoraphobiques, sans avoir subi au préalable une attaque de
panique et sans jamais éprouver une telle attaque. Chez un petit nombre,
un trouble panique réel finira par s'installer. L'agoraphobie est toutefois
plus fréquente que le trouble panique, qui est observé chez seulement
1 % de la population.
Symptômes et Complications

L'agoraphobie peut apparaître soudainement et se développer
graduellement, surtout entre 18 et 35 ans. Il s'agit d'une réaction
physique et émotionnelle face à une situation précise qui
déclenche la peur chez l'individu. Voici les symptômes caractéristiques :
- sentiments intenses de panique, de crainte, de terreur ou d'horreur
- incapacité de se maîtriser même en sachant que l'anxiété
est exaggérée
- accélération du rythme cardiaque, essoufflement, tremblements
et besoin irrésistible de fuir la situation - toutes les réactions
physiques associées à une peur extrême
- se donner beaucoup de mal pour éviter la situation qui provoque la
peur
Sans traitement, l'agoraphobie évolue habituellement avec une intensité
variable et peut même disparaître de façon spontanée.
Si l'agoraphobie est telle qu'elle perturbe la vie professionnelle et sociale
d'une personne, ou qu'elle l'empêche de mener une vie normale, une consultation
médicale est recommandée, pour obtenir l'aide nécessaire.
Diagnostic

Comme c'est le cas avec la plupart des troubles mentaux, on ne peut recourir
aux analyses sanguines ni à des méthodes « sûres
et rapides » pour diagnostiquer l'agoraphobie. Le médecin
doit poser beaucoup de questions pour déterminer si son patient présente
bien les signes et les symptômes d'agoraphobie et pour s'assurer qu'il
n'est pas atteint d'un autre trouble mental. En outre, il est important de vérifier
si l'anxiété n'est pas causée par un médicament,
une toxicomanie ou une surconsommation de médicaments, ou encore un problème
de santé. Le médecin traitant peut décider d'adresser son
patient à un psychiatre ou à un autre thérapeute spécialisé
dans le dépistage et le traitement des troubles anxieux, y compris l'agoraphobie.
Traitement et Prévention

Heureusement, l'agoraphobie peut être traitée efficacement
à l'aide d'une thérapie du comportement appelée thérapie
d'exposition. Plus de 90 % des patients qui suivent fidèlement
ce traitement obtiennent de bons résultats. La thérapie d'exposition
consiste à encourager les patients à faire face aux situations
qu'ils redoutent au lieu de les éviter. En tenant bon délibérément
devant les circonstances qui déclenchent habituellement une réaction
négative, les patients s'y habituent peu à peu - processus appelé
habituation - et leur anxiété disparaissent graduellement
lorsqu'ils se rendent compte que rien de terrible ne leur arrivera.
Une autre thérapie du comportement fait appel à la technique
de respiration diaphragmatique. On dispose de preuves solides selon lesquelles
une respiration profonde et régulière est efficace pour maîtriser
les réactions associées à la peur. Quant à la thérapie
cognitive-comportementale, elle préconise une approche différente
où l'on enseigne aux patients de nouvelles techniques leur permettant
de faire face aux situations déclenchantes. Ceux-ci apprennent donc à
utiliser la logique pour surmonter leur peur et pour atténuer ou enrayer
leurs symptômes.
Pour renforcer ces thérapies, les médecins peuvent aussi prescrire
des médicaments contre l'anxiété qui aident à maîtriser
les symptômes.
De toute évidence, la thérapie choisie, quelle qu'elle soit,
doit être menée par un thérapeute compétent en qui
le patient agoraphobe peut avoir entièrement confiance.