Cancer de l'utérusDescription

Le cancer de l'utérus est le plus courant des cancers de l'appareil reproducteur féminin. C'est le quatrième cancer le plus courant chez la femme, derrière le cancer du sein, le cancer des poumons, et le cancer colorectal. Heureusement, c'est aussi un des cancers qui se soigne le mieux. On relève environ 3 900 cas de cancers de l'utérus chaque année au Canada, avec un taux de survie de plus de 80 % - ce chiffre est plus élevé si le cancer est découvert plus tôt.
19 sur 20 des cancers de l'utérus sont des cancers de l'endomètre, le revêtement intérieur de l'utérus. Les 5 % restants sont des tumeurs du revêtement musculaire extérieur, appelées sarcomes. En général, les sarcomes sont plus agressifs et se répandent plus rapidement.
Causes

Le facteur de risque le plus important pour le cancer de l'endomètre a une relation directe avec l'hormone strogène. Pour résumer, des taux élevés d'strogène augmentent le risque de cancer de l'endomètre. Puisque c'est la durée cumulative d'exposition à l'strogène qui compte, ce sont les femmes plus âgées qui courent le plus grand risque. La plupart des cancers de l'endomètre apparaissent après la ménopause et le risque continue à augmenter avec chaque décennie qui passe. Environ 95 % de ces cancers se produisent chez les femmes âgées de plus de 40 ans.
L'strogène est produit à chaque cycle menstruel et les femmes qui ont eu plus de cycles menstruels présentent un risque plus élevé. Cela signifie qu'une femme de 40 ans ayant eu ses premières règles à l'âge de 11 ans est plus susceptible d'avoir une tumeur de l'endomètre qu'une autre du même âge qui a eu ses premières menstruations à l'âge de 14 ans. Puisque la grossesse interrompt ces cycles, les femmes qui ont eu des enfants présentent un risque inférieur par rapport à celles qui n'ont n'en pas eu. Plus il y a de grossesses, plus important est l'effet de protection.
Les suppléments d'strogènes (ou hormonothérapie de substitution) donnés après la ménopause pour en atténuer les symptômes et prévenir l'ostéoporose et la maladie coronarienne peuvent légèrement augmenter le risque de cancer de l'endomètre. Toutefois, on associe généralement l'strogène avec un autre type d'hormone féminine appelée la progestérone. La progestérone inhibe les effets de l'strogène sur l'endomètre et diminue le risque de cancer de l'endomètre. Les pilules modernes de contraception, dans lesquelles l'effet de la progestérone surpasse la petite dose d'strogène, pourraient même offrir une certaine protection contre le cancer de l'endomètre. La progestérone est l'hormone dominante pendant une période normale de menstruation. Par conséquent, les jeunes femmes qui n'ont
pas de règles normales (à moins qu'elles ne prennent la pilule) présentent un risque plus élevé de cancer de l'endomètre.
En raison des ses effets semblables à ceux de l'strogène, on a pensé que le citrate de tamoxifène*, un médicament fréquemment utilisé pour les femmes atteintes du cancer du sein, provoquait le cancer de l'endomètre chez les femmes qui le prenaient pour empêcher une récidive du cancer du sein. Toutefois, le risque de récidive du cancer du sein sans l'utilisation du citrate de tamoxifène chez les femmes à qui on a prescrit ce médicament est beaucoup plus grand que l'augmentation possible du risque de cancer utérin. Si vous prenez ce médicament, votre médecin prévoira un suivi régulier pour aider à détecter des changements cancéreux de votre muqueuse utérine.
L'obésité représente un facteur de risque important, car les tissus graisseux chez la femme produisent de grandes quantités d'strogène et cela tout au long de l'année, sans répit. Les femmes qui ont un excédent de poids sont 3 à 10 fois plus susceptibles de développer un cancer de l'endomètre que la moyenne des femmes, en fonction de l'excès de poids et de la période de temps pendant laquelle elles ont présenté cet excédent. Il est possible qu'un régime alimentaire riche en graisses constitue un risque en lui-même, tandis que l'activité physique peut être un facteur de protection, même indépendant de la perte de poids qu'elle peut entraîner.
Les personnes qui ont des antécédents familiaux du cancer de l'utérus ou de certains types de cancer du côlon ou du sein à composante héréditaire peuvent présenter un risque accru.
Symptômes et Complications

Le cancer de l'endomètre, au stade précoce, se caractérise par un symptôme principal : le saignement anormal de l'utérus. Le saignement de l'utérus est anormal chez les femmes préménopausées s'il survient à des moments inhabituels. Chez une femme ménopausée, tout saignement de l'utérus est anormal. Un tiers des femmes ménopausées qui consultent leur médecin au sujet de saignements anormaux de l'utérus ont un cancer de l'endomètre.
En même temps, ce symptôme permet de découvrir le cancer assez tôt pour recourir à l'administration d'un traitement approprié. Le test de Papanicolaou, conçu pour dépister un cancer du col de l'utérus, détecte souvent les cancers localisés dans l'utérus, mais souvent, il les rate aussi.
Neuf cancers de l'utérus sur dix provoquent des saignements. Il n'y a généralement pas d'autres symptômes ou signal d'alarme au début du cancer de l'endomètre. Des cancers plus avancés de l'utérus peuvent provoquer une douleur pelvienne, une perte de poids, des ballonnements et une enflure de l'abdomen (la partie inférieure du ventre).
Diagnostic

Il n'y a aucun test de contrôle pour le cancer de l'endomètre. Il est vrai que ces tumeurs sont parfois dépistées par le test cervical de Papanicolaou (voir la fiche de renseignements sur cancer du col de l'utérus), mais ce test de contrôle n'est pas toujours fiable pour le cancer de l'endomètre : il ne trouve que les cellules de l'endomètre qui se sont détachées et se sont déplacées vers le col de l'utérus.
Le seul test de diagnostic fiable pour le cancer de l'endomètre est une biopsie de tissu (échantillon). Le prélèvement d'échantillon de tissu de l'endomètre, généralement pratiqué chez le médecin, est la procédure de diagnostic la plus fiable. Une autre méthode de prélèvement de tissu est le D&C (dilatation du col de l'utérus et curetage - exérèse - du revêtement de l'utérus). Le D&C nécessite toutefois une anesthésie, et peut ne pas convenir à une femme très âgée ou frêle. Dans ce cas, une échographie peut aider à éliminer la possibilité d'un cancer, mais les résultats sont moins certains que ceux d'une biopsie.
La grande majorité des cancers de l'utérus sont découverts à un stade précoce lorsqu'une femme constate un saignement anormal du vagin et consulte le médecin. On ne devrait jamais négliger l'apparition d'un saignement anormal, particulièrement chez une femme ménopausée. La prise de suppléments d'strogène provoque occasionnellement des saignements anormaux et inoffensifs de l'utérus, mais dans tous les cas, on devrait consulter un médecin.
Le D&C n'est évidemment pas approprié pour des tests aléatoires ou des contrôles de routine, mais des femmes à haut risque pourraient envisager à passer ce test chaque année. La catégorie à haut risque comprendrait les femmes prenant de forts suppléments d'strogène qui ne sont pas contrebalancés avec la progestérone, les femmes obèses et surtout les femmes qui prennent une certaine dose de tamoxifène, le médicament contre le cancer du sein, qui augmente le risque de cancer de l'endomètre par un rapport de 5 à 12.
Traitement et Prévention

L'ablation de l'utérus (hystérectomie) est essentielle dans tous les cas de cancer de l'endomètre. Ceci ne perturbera en aucun cas l'activité sexuelle, mais l'opération provoque une stérilité irréversible. Ce n'est qu'après l'ablation de l'utérus, des trompes de Fallope et des ovaires que les médecins peuvent évaluer l'étendue du cancer. Si le cancer est confiné à une seule zone (stade primaire) et n'est pas de type agressif (premier degré), l'arrêt du traitement à ce niveau s'avère généralement sans danger. Les femmes qui sont à des degrés légèrement supérieurs et des stades plus avancés ont habituellement besoin d'une série de traitement par radiothérapie après la chirurgie pour tuer toutes les cellules cancéreuses restantes.
Dans les cas où le cancer s'est propagé davantage, la chirurgie n'est pas une solution et on opte donc pour la radiothérapie à la place. La radiothérapie au niveau de l'abdomen peut avoir de désagréables effets secondaires, comprenant des nausées extrêmes. Un autre effet secondaire courant est la sténose vaginale, où le vagin commence à se fermer et nécessite un étirement régulier à l'aide d'un instrument spécial connu sous le nom de dilatateur. Cela peut être effectué à la maison. Si le cancer est très avancé, on a également recours à la chimiothérapie.
On utilise des progestatifs synthétiques, une forme de progestérone pour traiter le cancer de l'endomètre lorsque celui-ci est à un stade avancé ou en cas de récidive. Leurs effets secondaires sont mineurs comparativement à ceux des médicaments typiques contre le cancer. Il n'y a aucune preuve indiquant qu'une femme a été guérie par la chimiothérapie seule. On a pu guérir certaines femmes à l'aide de la seule radiothérapie après qu'elles aient refusé l'hystérectomie. Cependant, de nombreux experts pensent que garder l'utérus intact réduit les chances de guérison définitive.
*Tous les médicaments ont à la fois une dénomination commune (le nom générique) et un nom de marque ou marque. La marque est l'appellation qu'un fabricant choisit pour son produit (par ex. Tylenol®). Le nom générique est le nom du médicament en médecine (par ex. l'acétaminophène). Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais il ne possède qu'un seul nom générique. Cet article répertorie les médicaments par leur nom générique. Pour obtenir des renseignements sur un médicament donné, consultez notre pharmathèque. Pour de plus amples renseignements sur les noms de marque, consultez votre médecin ou un pharmacien.