Cancer de l'estomac
Description

Cette forme de cancer frappe l'estomac, organe qui se trouve dans la partie
supérieure de l'abdomen, immédiatement sous les côtes. L'estomac
fait partie de l'appareil digestif : il produit des acides et des enzymes
pour décomposer les aliments avant de les acheminer vers l'intestin grêle.
Le cancer peut se former dans n'importe quelle partie de l'estomac pour se propager
vers le haut, atteignant l'oesophage, ou vers le bas, envahissant l'intestin
grêle.
La fréquence du cancer de l'estomac varie énormément
dans le monde. Au Japon, c'est le cancer le plus courant, touchant une personne
sur 1000. Sa fréquence est aussi élevée au Chili et en
Islande. Au Canada, bien que sa fréquence ne soit pas aussi élevée
(c'est le 10e cancer chez les hommes, en terme de fréquence, et le 14e
chez les femmes), on estime que 2 800 Canadiens en sont victimes chaque année.
Ce cancer est diagnostiqué surtout chez les personnes âgées,
frappant davantage les hommes que les femmes. En outre, les personnes d'origine
africaine courent un risque plus élevé que les personnes de race
blanche.
Causes

Comme pour la plupart des cancers, les chercheurs ignorent les causes exactes
du cancer de l'estomac. Plusieurs facteurs de risque ont toutefois été
identifiés, à savoir :
- régime contenant beaucoup de nitrates, avec des aliments séchés,
salés, fumés ou marinés aux fins de conservation
- cigarettes
- antécédents d'ulcères de l'estomac (infection par
H. pylori)
- âge (la plupart des personnes recevant le diagnostic ont plus de
55 ans)
- sexe (les hommes sont touchés dans une plus grande proportion)
- race (les personnes d'origine africaine sont plus prédisposées)
- atrophie gastrique
- anémie pernicieuse
- exposition à certaines poussières et fumées
- antécédents familiaux de cancer de l'estomac
- antécédents de chirurgie gastrique
- statut socio-énomique : on ne sait pas pourquoi, mais ce cancer
semble plus fréquent dans les classes socio-économiques inférieures
- alcoolisme
Symptômes et Complications

Beaucoup de symptômes du cancer de l'estomac peuvent être pris
pour des malaises sans importance, c'est pourquoi ce cancer est souvent détecté
lorsqu'il est parvenu à un stade assez avancé. Voici quelques-uns
de ces symptômes :
- brûlements d'estomac ou indigestion
- nausée et vomissements
- douleur abdominale
- perte d'appétit
- perte de poids
- diarrhée ou constipation
- faiblesse ou fatigue
- vomissements ou présence de sang dans les selles
- ballonnement après les repas
Le cancer de l'estomac parvenu à un stade avancé aura d'importantes
conséquences sur la digestion et la nutrition. Il se propagera à
d'autres parties du corps, menant finalement à la mort.
La principale complication découlant du traitement de ce cancer est associée
à la chirurgie : l'ablation de l'estomac entraîne des problèmes
de nutrition. En outre, le cancer peut réapparaître après
le traitement initial, d'où l'importance vitale d'adhérer aux
examens de suivi recommandés par les professionnels de la santé.
Diagnostic

Si le médecin soupçonne un cancer de l'estomac, il interrogera
d'abord le patient sur sa santé à ce jour. Il se renseignera
donc sur les habitudes de vie du patient, y compris l'usage du tabac, la consommation
de l'alcool ainsi que les cas de cancer de l'estomac dans la famille. Il procédera
ensuite à un examen physique et demandera certains des tests ou examens
suivants :
- analyses sanguines
- examens des selles pour déceler la présence de sang occulte
- le médecin recherche des traces de sang dans les selles qui peuvent
ne pas être visibles à l'oeil nu
- repas baryté ou transit oeso-gastro-duodénal
- examen radiologique où le patient avale au préalable une solution
de baryum pour permettre au médecin d'en suivre la progression le long
de l'oesophage et de l'estomac
- endoscopie - examen où le médecin introduit dans la
gorge du patient un petit tube muni d'une lumière à l'extrémité,
le pousse jusqu'à l'estomac pour pouvoir visualiser la muqueuse gastrique
- biopsie - intervention qui consiste à prélever, à
l'aide d'un endoscope, un petit échantillon de tissu qui sera ensuite
examiné au microscope
Une fois le diagnostic de cancer établi, le médecin doit
déterminer le stade de la maladie. Pour ce faire, il peut avoir besoin
de tests supplémentaires :
- radiographie pulmonaire - pour voir si le cancer a atteint les poumons
- échographie
- tomodensitométrie
- imagerie par résonance magnétique (IMR)
- analyses sanguines
Comme cela peut prendre un certain temps avant qu'on arrive à déceler
un cancer de l'estomac, seul 10 % de ces cancers se trouvent encore aux
premiers stades lors du diagnostic.
Voici les différents stades du cancer et leur définition :
- Stade 0 : le cancer ne s'est pas propagé au-delà du
revêtement de surface du tissu gastrique
- Stade I : le cancer s'est propagé juste sous la première
couche de tissu gastrique mais n'a pas encore envahi les muscles
- Stade II : le cancer a atteint les ganglions lymphatiques près
de l'estomac ou la principale couche musculaire
- Stade III : le cancer s'est propagé au muscle et aux ganglions
lymphatiques, mais n'a pas encore atteint d'autres organes; ou bien, le cancer
s'est propagé à un organe avoisinant sans atteindre les ganglions
lymphatiques
- Stade IV : le cancer s'est propagé au-delà de la paroi
gastrique, jusqu'aux ganglions lymphatiques et aux organes
- Récurrent : le cancer est réapparu après le traitement
initial
Traitement et Prévention

Le cancer de l'estomac est souvent diagnostiqué lorsqu'il s'est déjà
propagé, ce qui rend son traitement plutôt difficile. Comme
dans beaucoup d'autres cas de cancers, les options dont on dispose pour lutter
contre le cancer de l'estomac comprennent la radiothérapie, la chimiothérapie
et la chirurgie, utilisées séparément ou en combinaison.
Pour le cancer aux stades 0 et I, on a souvent recours à la chirurgie
seulement; il s'agit généralement d'une gastrectomie (ablation
de l'estomac) partielle avec résection des ganglions lymphatiques abdominaux,
si nécessaire. Au stade II, on effectue une gastrectomie avec résection
des ganglions lymphatiques abdominaux. Le stade III exige aussi une intervention
chirurgicale, mais la chimiothérapie ou la radiothérapie peuvent
se révéler utiles si, pour une raison quelconque, la chirurgie
n'est pas possible ou doit être retardée. Enfin, au stade IV, le
traitement vise à atténuer les symptômes, et l'on peut alors
faire appel à la chirurgie, à la chimiothérapie ou la radiothérapie.
Chirurgie :
La chirurgie pratiquée dans le cas d'un cancer de l'estomac est la gastrectomie.
Si le cancer est dépisté assez tôt, le chirurgien peut pratiquer
une gastrectomie partielle, enlevant seulement une partie de l'estomac.
Si l'estomac entier est enlevé, on parle d'une gastrectomie totale.
Après une gastrectomie, se pose la question de la nutrition. Ceux qui
ont subi une gastrectomie partielle pourront avoir une alimentation relativement
normale après cicatrisation, alors que des adaptations s'imposent chez
ceux qui ont eu une gastrectomie totale. Un exemple serait la prise des suppléments
vitaminiques. Comme les aliments passeront désormais de l'oesophage à
l'intestin grêle, la vitamine B12 alimentaire ne peut être absorbée
et doit être remplacée par une injection mensuelle.
Les diététistes peuvent aider à établir un régime
alimentaire approprié pour favoriser la digestion et aider au bien-être
du patient. Ce régime aura probablement une forte teneur en protéine
et une faible teneur en sucre. Ils recommanderont aussi la prise de petits repas
fréquents au lieu des trois principaux repas habituels.
Certaines personnes éprouvent un syndrome de décharge après
une gastrectomie totale, caractérisé par la nausée, des
vomissements, des crampes, de la diarrhée et des étourdissements.
Ces symptômes sont provoqués par le passage direct des aliments
dans l'intestin, sans subir de décomposition par les acides gastriques.
Le fait de prendre de petits repas rapprochés peuvent aider à
réduire ce malaise.
Chimiothérapie :
La chimiothérapie consiste à utiliser des médicaments pour
s'attaquer aux cellules cancéreuses de l'intérieur du corps. Dans
le traitement du cancer de l'estomac, on fait appel à une chimiothérapie
générale, administrée par voie intraveineuse ou, parfois,
par la bouche.
Comme les médicaments de la chimiothérapie circulent partout dans
le corps, un plus grand nombre de systèmes ou d'organes sont touchés
par le traitement. Voici les principaux effets secondaires de la chimiothérapie :
- nausée et vomissements
- perte de cheveux
- fatigue
- diarrhée
- frissons
- essoufflement
- toux
- ulcération de la bouche
Des recherches se poursuivent afin de mettre au point une chimiothérapie
locale, permettant ainsi d'administrer des médicaments dans l'abdomen
où ils peuvent agir directement sur les cellules cancéreuses.
Cette forme de traitement s'utilise déjà pour quelques types de
cancers, comme le cancer de l'oesophage et de la vessie.
Radiothérapie :
La radiothérapie vise à détruire les cellules cancéreuses
à partir d'une source externe. On dirige des faisceaux de rayonnement
ionisant sur la tumeur afin d'en réduire le volume. Dans certains cas,
la radiothérapie peut précéder la chirurgie pour réduire
le volume de la tumeur et faciliter l'opération.
Plusieurs effets secondaires sont typiquement associés à la radiothérapie,
notamment :
- fatigue
- rougeur et sécheresse de la peau au point d'irradiation
- nausée et vomissements
- diminution de l'appétit
- diarrhée
Il semble que certains cas de cancer de l'estomac pourraient être
prévenus, comme le témoigne l'observation suivante concernant
les Japonais : ce pays connaît la plus haute fréquence de
cancer de l'estomac; or les Japonais qui ont émigré vers des régions
à faible fréquence voient leurs risques pour ce cancer diminuer.
Cela permet de croire que des facteurs environnementaux peuvent intervenir.
Les facteurs de risque mentionnés ci-dessus, y compris l'alimentation,
peuvent nous donner des indices quant aux mesures à prendre pour réduire
les risques de cancer de l'estomac :
- cesser de fumer
- adopter un régime alimentaire sain et équilibré, et
consommer régulièrement des fruits et des légumes frais
- consommer de l'alcool avec modération
- connaître les facteurs de risque, tels que les ulcères (infection
par H. pylori), et suivre l'évolution des symptômes ou
de tout autre problème