AlopécieDescription

Alopécie se dit de la chute des poils et des cheveux d'une
ou de plusieurs parties du corps. Il y a plusieurs formes d'alopécie,
allant de l'amincissement capillaire à la calvitie.
L'alopécie diffuse (amincissement des cheveux)
est courante chez les personnes âgées, hommes et femmes.
L'alopécie androgène, également appelée
« calvitie masculine » survient chez les personnes de
tout âge. Malgré le nom de la maladie, les femmes aussi peuvent
être atteintes de cette forme d'alopécie. Elle est génétique,
ce qui signifie que des antécédents familiaux d'alopécie
androgène sont un facteur de risque de la maladie. Tant chez l'homme
que chez la femme, cette forme d'alopécie est reliée à
une quantité excessive d'hormones mâles (androgènes)
autour des follicules pileux, empêchant la croissance capillaire. Les
femmes sont plus susceptibles de présenter une alopécie androgène
après la ménopause, lorsque leur organisme produit moins d'hormones
femelles.
La plupart des cas de calvitie sont attribuables à l'alopécie
androgène. Après l'âge de 50 ans, 50 % des hommes et 40 % des femmes ménopausées présentent une alopécie
androgène plus ou moins prononcée.
La pelade (alopecia areata) est caractérisée par
la présence passagère de quelques plaques dégarnies sur
le cuir chevelu. La pelade est plus fréquente dans certaines familles
et elle apparaît souvent pendant l'enfance. Il semble que cette chute
de poils ou de cheveux soit liée à un trouble immunitaire (maladie
auto-immune), c'est-à-dire que les défenses naturelles de l'organisme
attaquent les tissus. Sur les plaques dégarnies de poils et de cheveux,
la croissance de nouveaux poils ou cheveux est supprimée pendant des
semaines ou des mois. Cette forme d'alopécie survient en général
chez les personnes atteintes d'une maladie auto-immune, par exemple le thyroïdisme
ou l'anémie pernicieuse. La pelade entraîne rarement une calvitie
totale (alopecia totalis) ou la chute totale des poils corporels (alopecia
universalis).
La pelade touche environ 1 % de la population. Dans 20 % des cas,
la maladie évolue jusqu'à l'alopécie totale. Environ 1 %
des personnes présenteront une chute de tous les poils et les cheveux,
y compris des sourcils et des cils (alopecia universalis).
L'alopécie cicatrisante résulte de la formation
de cicatrices causées par une infection cutanée profonde, d'origine
bactérienne ou fongique. Les poils ne repoussent pas sur les régions
cicatrisées. La mycose, par exemple, peut laisser des plaques d'alopécie
permanente.
Causes

L'alopécie a de multiples causes potentielles. La chute de poils
ou de cheveux - passagère ou permanente - peut être déclenchée
par plusieurs facteurs, entre autres les suivants : les allergies, les
substances irritantes, les toxines, les brûlures, les traumatismes et
les infections. Certains médicaments (surtout les stéroïdes
anabolisants), une insuffisance rénale chronique, la radiothérapie
et la chimiothérapie peuvent aussi entraîner la chute de poils
et de cheveux. Parfois, la chute de poils sera causée par une surdose
de vitamine A, par une carence en fer (anémie), par un trouble de la
glande thyroïde, par la fièvre ou par la grossesse.
Symptômes et Complications

L'amincissement de la chevelure est le symptôme le plus évident
de l'alopécie androgène. Chez l'homme, l'alopécie touche
d'abord la couronne ou les tempes, ou les deux. Les hommes ont davantage tendance
à présenter une calvitie qui devient de plus en plus évidente
à mesure que le front se dégarnit. Ce phénomène
est moins fréquent chez les femmes. Si les hommes deviennent parfois
complètement chauves, en général, les femmes ne perdent
pas tous leurs cheveux.
La pelade se remarque par la chute soudaine de petites plaques rondes de poils
ou de cheveux, en général sur le cuir chevelu, mais parfois sur
le visage ou sur le corps. On observe sur les ongles des mains de petites dépressions
cupuliformes ou une apparence égrenée. Souvent, la maladie se
manifeste par cycles récurrents de quelques mois, poils et cheveux repoussant
pendant les intervalles.
Diagnostic

Bien que la chute de poils ou de cheveux préoccupe beaucoup les patients,
l'alopécie n'est pas dangereuse : les lésions sont plutôt
inesthétiques. Toutefois, elle pourrait aussi constituer un effet
secondaire ou un symptôme d'une autre maladie. Pour écarter cette
possibilité, il faut aborder la question franchement avec le médecin
et subir quelques tests pour vérifier le diagnostic. La chute de poils
ou de cheveux devrait toujours faire l'objet d'une consultation médicale.
Les antécédents familiaux aident souvent le médecin
à déterminer la forme d'alopécie présente. Parfois,
une biopsie est nécessaire pour écarter la possibilité
d'une infection ou d'une tumeur. L'examen des poils ou des cheveux au microscope
permet de distinguer la pelade de l'alopécie androgène. D'autres
tests permettent de rechercher une maladie auto-immune comme le lupus, qui accompagne
parfois l'alopécie. Lorsque le médecin examine un enfant pour
évaluer la pelade, il doit vérifier que la chute de poils et de
cheveux n'est pas due à une habitude névrotique appelée
trichotillomanie (le patient s'arrache les cheveux).
Traitement et Prévention

Bien qu'il n'y ait aucun moyen de prévenir la plupart des formes
d'alopécie, il est parfois possible d'arrêter ou de ralentir la
chute de poils ou de cheveux.
Certains médicaments favorisent la reprise de la croissance capillaire.
Le minoxidil* est présenté dans une solution que le patient applique
deux fois par jour pour traiter l'alopécie diffuse et l'alopécie
androgène. Dans le cas de la pelade, seul le minoxidil peut s'avérer
efficace, et le patient doit aussi appliquer un stéroïde topique
en solution. Le minoxidil n'a pas la même efficacité chez tous
les patients, et seulement quelques-uns obtiennent une repousse complète
des cheveux. Ce produit est inefficace chez les personnes qui sont complètement
chauves.
Les cas moins graves de pelade sont quelquefois traités par l'injection
de corticostéroïdes dans les régions touchées. Les
corticostéroïdes à effet général (en comprimés)
entraînent des effets indésirables à longue échéance,
et leur usage est réservé aux cas plus graves. Lorsque la pelade
est rebelle, un autre traitement consiste à provoquer volontairement
une réaction allergique (eczéma de contact) à l'aide d'une
substance chimique appliquée sur le cuir chevelu. Ce traitement provoque
une éruption cutanée et, souvent, les cheveux repoussent à
ce même endroit quelques mois plus tard. Cette modalité de traitement
est cependant désagréable. En général, le traitement
dure six mois, et on y recourt plus fréquemment en Europe et au Canada
qu'aux États-Unis.
Le finastéride est le médicament le plus récent pour
traiter l'alopécie androgène. Ce médicament, disponible
en comprimés, abaisse les concentrations de DHT, l'hormone mâle
associée à l'alopécie androgène. Le finastéride
est plus efficace que le minoxidil pour combattre l'alopécie androgène.
Tout comme le minoxidil, ce nouveau médicament est plus efficace dans
les cas d'alopécie bénigne, de début récent. La
plupart des patients observent un effet favorable après trois à
six mois de traitement. Cependant, la chute des cheveux reprend lorsque la personne
cesse de prendre le finastéride.
Dans les cas d'alopécie grave, quelle que soit sa forme, les médicaments
peuvent améliorer l'état du patient mais ne le guérissent
pas complètement de la maladie. Une autre solution est de subir une
intervention chirurgicale ou de porter une perruque ou un postiche. Le patient
peut également apprendre à vivre avec sa calvitie et ne pas chercher
d'autres formes de traitements médicaux.
Le traitement chirurgical fait le plus souvent appel à la greffe
capillaire. Le chirurgien prélève de petits greffons de cuir
chevelu, chacun portant deux ou trois cheveux, dans les régions où
la chevelure est épaisse et il transplante ces greffons sur les parties
du cuir chevelu touchées par l'alopécie. Lorsque les cheveux sont
ondulés ou frisés, chaque greffon porte moins de cheveux par pouce
carré, et c'est également le cas pour les gens dont la couleur
des cheveux et de la peau sont semblables.
Malheureusement, si les cheveux continuent de tomber après la greffe
de cheveux, la source de greffons diminuera également. Les moins bons
candidats à la greffe de cheveux sont les jeunes hommes dans la vingtaine
dont la calvitie évolue rapidement. Dans un tel cas, et si le père
du jeune homme touché était chauve à l'âge de 55
ans, une greffe des cheveux risque de se révéler fort coûteuse.
Même si une perruque ne semble pas la meilleure solution, elle l'est
souvent. Aujourd'hui, les perruques ou les postiches sont de bonne qualité
et ont une apparence parfaitement naturelle. Elles peuvent ainsi constituer
une bonne solution, même si leur prix est élevé. De plus,
un bon nombre de perruques sont retenues par un effet de vide et ne tombent
pas, même durant la pratique de sports de contact.
*Tous les médicaments portent un nom générique et un nom
de marque. Le nom de marque est choisi par le fabricant (p. ex. : TylenolMD).
Le nom générique est le terme médical par lequel on désigne
le médicament (p. ex. : acétaminophène).
Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais un seul nom
générique. Dans cet article, les médicaments sont désignés
par leur nom générique. Pour obtenir de l'information sur les
noms de marque, adressez-vous à votre médecin ou à votre
pharmacien.