Cancer du côlonDescription

Le côlon est le nom donné à la dernière partie de
l'intestin, qui a une longueur d'environ six pieds et est située entre
l'intestin grêle et le rectum. Le côlon est parfois appelé
gros intestin. Le gros intestin se termine par le rectum.
Le cancer du côlon et le cancer du rectum, couramment appelé
cancer colorectal, représentent la troisième forme de cancer la
plus courante au Canada. Environ 16 600 personnes en sont atteintes
chaque année, soit un nombre de cas inférieur au cancer du poumon
ou au cancer du sein, mais à peu près équivalent au cancer
de la prostate.
Le risque de cancer colorectal s'accroît avec l'âge. Après
30 ans, le risque double tous les dix ans. La majorité des médecins
instaurent des examens de dépistage à 50 ans. Les hommes et les
femmes sont exposés à des risques égaux.
Le dépistage est crucial car plus le cancer colorectal est détecté
rapidement, meilleures sont les chances de guérison. Le traitement
est plus efficace chez les patients atteints d'un cancer colorectal localisé.
On conseille aux personnes pouvant être exposées à des risques
de cancer colorectal plus élevés de consulter leur médecin
pour décider du calendrier de dépistage qui convient le mieux
à leur cas.
Les cancers sont généralement classés en stades en
fonction de la dimension des tumeurs et surtout de l'importance de la propagation
de la maladie à d'autres parties de l'organisme. Le stade de développement
d'une tumeur est généralement le meilleur indice dont on dispose
pour faire un pronostic. Le stade en question dépend principalement de
la contamination des ganglions lymphatiques. Les ganglions lymphatiques sont
des masses de cellules du système immunitaire ayant un peu la forme d'un
haricot et que l'on retrouve un peu partout dans l'organisme. Ils sont reliés
les uns aux autres par leur propre réseau de vaisseaux, à savoir
le système lymphatique. Le cancer se propage souvent jusqu'à d'autres
organes par le biais du système lymphatique. Cette propagation de la
maladie d'une partie du corps à une autre est appelée métastase.
Dans le cas du cancer du côlon, les stades I à II représentent
une pénétration accrue de la paroi du côlon. Le cancer de
stade III a atteint les ganglions lymphatiques avoisinants. Le cancer
de stade IV s'est propagé jusqu'à d'autres parties de l'organisme
(métastases). Le cancer récurrent réapparaît
après un traitement jugé fructueux en apparence. Il réapparaît
souvent dans le foie ou les poumons plutôt que dans le côlon.
Causes

Les causes du cancer restent encore mal établies. Dans certains
cas, les gènes qui déterminent l'activité d'une cellule
subissent une mutation et commencent à donner des instructions qui entraînent
la croissance anarchique des tissus. Une seule cellule cancéreuse se
divise des millions de fois et produit une tumeur. Les tumeurs synthétisent
leurs propres vaisseaux sanguins afin de s'assurer un approvisionnement en oxygène.
Pour plus de détails sur la carcinogenèse (causes et progression
du cancer), voir l'article « Cancer ».
L'observation des taux de prévalence du cancer permet de prévoir
qui seront les personnes les plus exposées aux risques de cancer du côlon,
et de mettre au point des méthodes de prévisions individuelles.
Le premier facteur de risque, qui constitue le signal d'alarme le plus
évident, est la présence de polypes colorectaux. Il
s'agit d'excroissances bénignes qui apparaissent à l'intérieur
du côlon. Le terme « bénin » signifie que
ces excroissances ne sont pas elles-mêmes cancéreuses. Par contre,
la présence d'un grand nombre d'excroissances bénignes entraîne
des dangers étant donné que certaines d'entre elles sont susceptibles
de se transformer en tumeurs cancéreuses. Les polypes font partie
de cette dernière catégorie.
Les polypes ont la forme d'une petite boule placée sur une tige, qui
forme une protubérance dans la paroi interne du côlon. Ils peuvent
entraîner une hémorragie rectale, mais le sang est généralement
masqué par les selles. Chaque nouveau polype présente un risque
de 2,5 % de devenir cancéreux au cours des cinq premières années
et de 24 % après 20 ans. Les polypes plus gros sont plus susceptibles
de se transformer en tumeur maligne. Certaines personnes présentent plus
d'un polype.
Les facteurs de risque touchant les polypes et le cancer du côlon
sont les suivants :
- tabagisme
- consommation d'alcool (les personnes qui fument et boivent de l'alcool
sont quatre fois plus exposées aux risques que la moyenne)
- manque d'exercice
- alimentation à forte teneur en viande, en graisses et en protéines
- antécédents de rectocolite hémorragique ou de maladie
de Crohn
- antécédents familiaux de polypes, de cancer du côlon
ou de cancer des organes reproducteurs chez la femme (cancer de l'ovaire,
de l'endomètre ou du sein)
Comme la plupart des cancers, le cancer du côlon semble s'expliquer
en partie par une cause génétique, en partie par des facteurs
liés à l'environnement, et en partie par des facteurs aléatoires.
On trouve dans certaines familles des gènes qui favorisent l'apparition
de milliers de polypes et représentent une probabilité
élevée de développer un cancer du côlon. Ces gènes
ne se retrouvent pas dans d'autres familles chez qui la fréquence de
cancer du côlon est pourtant plus élevée que celle de la
population générale. De la même façon, des personnes
issues de familles où cette maladie n'est jamais apparue peuvent être
frappées par le cancer du côlon.
Symptômes et Complications

Les polypes et le cancer du côlon provoquent généralement
une hémorragie lente et constante dans le côlon. Le sang se
retrouve dans les selles, mais est souvent invisible. Le médecin peut
désigner ces pertes de sang invisibles par l'expression « hémorragie
occulte ».
Un bon nombre d'autres troubles peuvent entraîner l'apparition de sang
dans les selles, mais il importe alors de consulter un médecin.
Souvent, les pertes de sang restent invisibles, mais leur effet se fait sentir
sous forme d'anémie ferriprive (carence en fer). Les hommes et les femmes
ménopausées qui présentent des symptômes d'anémie
doivent passer des examens médicaux.
Le cancer qui apparaît dans la partie supérieure du côlon
ne provoque souvent aucun symptôme. Dans la partie inférieure,
il peut entraîner une obstruction (blocage) et la constipation.
Le plus souvent, le cancer du côlon ne provoque aucun symptôme tant
que le stade de la maladie n'est pas avancé. C'est pourquoi le dépistage
joue un rôle essentiel.
Diagnostic

Le dépistage du cancer du côlon chez les personnes exposées
à des risques élevés est fondé sur la coloscopie.
Un endoscope, c'est-à-dire un tube souple composé de fibres optiques,
est utilisé pour observer le côlon à la recherche de saignements,
de polypes ou de tumeurs. L'examen n'est pas douloureux, même s'il peut
être légèrement désagréable.
Le médecin peut également palper l'intérieur du rectum
et la partie inférieure du côlon avec son doigt ganté. Parfois,
le médecin demande au patient de lui fournir un échantillon de
selles afin de déceler la présence de sang caché (occulte).
Si des excroissances sont décelées, le médecin prélève
un échantillon de tissu (biopsie).
Certains médecins font passer, tous les ans ou tous les deux ans, des
examens de dépistage à tous leurs patients de plus de 50 ans.
D'autres se concentrent principalement sur les personnes à risques élevés,
notamment celles ayant des antécédents familiaux de cancer du
côlon, ou sur les patients atteints de la maladie de Crohn ou d'un ulcère,
ou encore qui présentent déjà des polypes.
Traitement et Prévention

Il y a trois formes de traitement possible en cas de cancer du côlon :
la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie.
La chirurgie est le traitement le plus généralement recommandé
en vue de guérir le cancer du côlon, mais elle ne convient qu'aux
personnes souffrant de cette maladie au stade I à III. Si la maladie
est diagnostiquée au stade III, une radiothérapie ou une chimiothérapie
est alors associée à la chirurgie. La situation est souvent la
même pour les tumeurs au stade II.
Les polypes peuvent être extraits sans intervention chirurgicale. Pour
ce faire, l'endoscope est muni d'un dispositif de coupe.
La meilleure façon de prévenir le cancer du côlon est
d'éviter les comportements à risque, comme le tabagisme, et d'améliorer
son alimentation. Le fait de perdre du poids, de cesser de fumer et de faire
de l'exercice réduit également les risques.
Une alimentation à forte teneur en légumes, en fruits et en fibres
contribue efficacement à prévenir le cancer du côlon. Certains
travaux indiquent également que les produits suivants sont également
susceptibles de vous protéger :
- acide acétylsalicylique (AAS*) - un comprimé par jour
- sélénium (produit minéral)
- curcuma.
Mais par-dessus tout, lorsqu'il existe des facteurs de risque, il importe
de passer des examens de dépistage des polypes. Les personnes chez
qui des polypes ont déjà été extraits sont plus
de deux fois plus exposées aux risques de cancer du côlon de leur
tranche d'âge. Les personnes chez qui les polypes restent en place sont
cependant huit fois plus exposées à des risques que la normale.
*Tous les médicaments portent un nom générique et un nom
de marque. Le nom de marque est choisi par le fabricant (p. ex. : Tylenol®).
Le nom générique est le terme médical par lequel on désigne
le médicament (p. ex. : acétaminophène).
Un médicament peut porter plusieurs noms de marque, mais un seul nom
générique. Dans cet article, les médicaments sont désignés
par leur nom générique. Pour obtenir de l'information sur les
noms de marque, adressez-vous à votre médecin ou à votre
pharmacien.